Logistique : l’automatisation en marche

Linnovation logistique touche aux chariots, aux palettes, voire à la conception globale de lentreposage. Entre robotisation et logiciels spécialisés, de plus en plus de transporteurs s’équipent pour répondre au marché du e-commerce.

L’internet des objets voit ses premières applications logistiques. Quand les chariots, puis les palettes, deviennent assez intelligents pour dialoguer tout seuls avec leur environnement, ils induisent une optimisation globale. Les véhicules et les unités de manutention embarquent des boîtiers GPS communicants ou des balises permettant de les suivre, pour in fine, limiter les déplacements et gagner de l’espace.

En réalité, l’intelligence n’est pas embarquée, mais façonnée par les WMS (warehouse management system), qu’ils soient intégrés dans le système d’information d’une entreprise ou délocalisés dans le Cloud. Au cœur de la machine, le logiciel de gestion du stockage agrège une multitude de données de plus en plus dynamiques.

Les WMS sont ancrés aux TMS

Comme sur la route, on parle de temps réel et d’interfaçage entre les différentes briques logicielles liées à la palettisation, à la préparation de commandes, à l’exploitation des chariots, etc. En dernier lieu, les WMS sont ancrés aux TMS (transport management system), avec lesquels ils interagissent dans un but commun : réduire les coûts logistiques, dont le transport  représente une part substantielle.

Si l’informatisation, l’automatisation des moyens logistiques est longtemps restée le domaine des industriels et des organisateurs de flux, l’ensemble des transporteurs est aujourd’hui concerné. Nombre d’entreprises de moyenne taille opèrent une diversification logistique dès lors qu’elles attaquent le marché du e-commerce. L’emploi d’un WMS s’avère alors indispensable.

Tri et emballage automatique chez Vingeanne

C’est le cas du groupe Vingeanne (52), qui a mis en place en 2019 une ligne de tri et d’emballage automatique. Le jeune dirigeant Cyril Plâ explique : « Nous avons investi dans cet équipement haut-de-gamme à l’occasion d’un nouveau dossier d’e-commerce pour un groupe de librairies, qui travaille essentiellement via son propre site ou des intermédiaires tels qu’Amazon. »

« Les volumes sont importants : 150 000 livres en stockage associés à 100 000 références. Nous expédions 3000 pièces par jour, et passons clairement un cran sur le plan logistique. Cette chaîne de montage facilite le picking informatisé. La machine choisit les colis adaptés à la taille des livres. Les cartons sont fermés automatiquement. » Vingeanne dispose aujourd’hui de 35850 m² de stockage répartis sur sept entrepôts.

Navettes robotisées chez Landry

Autre exemple chez les transports Landry (79), qui réalise de la préparation de commandes et de l’entreposage en paletier conventionnel et d’accumulation. Ce dernier mode d’entreposage compact permet de densifier le rangement. Il est particulièrement adapté aux surfaces logistiques enregistrant peu de références et des flux importants.

La PME utilise ce système associé à des navettes robotisées. La machine sert de relais à l’opérateur qui charge ou décharge des camions. Le cariste va chercher une palette, il la dépose dans l’entrée d’un rayonnage, et le robot la range à l’emplacement voulu. L’opérateur ne rentre plus dans le rack, d’où un meilleur confort et une meilleure sécurité de travail.

La navette UPC (Under Pallet Carrier) se déplace de manière autonome pour aller se glisser sous les palettes stockées, sans être reliée au chariot porteur. Après la dépose de la première unité dans le rayonnage sur le rail de l’UPC et la mise en marche sur le terminal par bouton-poussoir, tous les mouvements de translation et de levée sont exécutés de manière autonome. Des capteurs reconnaissent la position des palettes stockées.

Sur le plan applicatif, Landry est équipé d’un WMS intégrant un module de gestion des opérations de e-commerce. « Une informatique spécifique à la vente en ligne nous est utile pour préparer les commandes et gérer les tournées de produits, contrôler tout ce qui est emballé, et assurer la transmission des informations aux systèmes de nos partenaires transporteurs », complète la PME.

Des palettes sur mesure chez ID Logistics

A une autre échelle, le groupe international ID Logistics a intégré une solution « d’aide à la palettisation par réalité augmentée ». Il s’agit d’optimiser le montage de palettes en lien avec les WMS employés, et de répondre aux demandes des destinataires — essentiellement les magasins de grande distribution — de plus en plus précis quant à la conception des unités de manutention.

En réceptionnant des palettes confectionnées sur mesure, les magasins cherchent à faciliter la mise en rayon et à réduire les stocks. Le principe : la commande à préparer est analysée par l’algorithme de palettisation qui va prédéterminer l’emplacement optimal de chaque colis sur la palette. L’opérateur, à chaque prise d’un colis, se voit proposer visuellement en 3D la place que doit prendre le colis. Les éventuels changements de chemin de picking sont identifiés en temps réel, permettant ainsi un nouveau calcul de palettisation avant le colis suivant.

L’objectif général est d’augmenter la productivité des opérateurs, d’intégrer plus efficacement de nouveaux collaborateurs ; mais aussi d’améliorer la qualité et la stabilité des supports constitués et de réduire les espaces vides entre les cartons pour optimiser le volume utile de la palette.

L’intralogistique pour optimiser les flux internes

Englobant ces innovations, et bien d’autres, le concept d’intralogistique se définit comme l’organisation, le pilotage, la réalisation et l’optimisation des flux de matériels internes à l’entreprise, des flux d’information ainsi que du transbordement de marchandises dans l’industrie, le commerce et les dispositifs publics.

L’intralogistique peut dépasser le cadre du quai de chargement pour toucher au transport et aux livraisons. Elle démarre en tout cas avec une gestion de parc de chariots élévateurs, à l’image d’une exploitation de flotte de camions. Les véhicules sont suivis par GPS et leurs opérations sont intégrées dans un logiciel de gestion d’entrepôt.

Améliorer l’exploitation et la sécurité des chariots

Les principaux constructeurs de chariots élévateurs ont développé des solutions se composant d’un site Web, d’un lecteur de carte embarqué, et de capteurs externes permettant de juger de l’utilisation d’un matériel.

Avec des cartes d’accès RFID nominatives et paramétrables, seuls les caristes détenteur d’un permis Caces peuvent démarrer un chariot. Le logiciel permet de configurer la vitesse maximale d’un véhicule en fonction de l’expérience du conducteur et de l’utilisation de l’engin. Celui-ci ne démarre que si la ceinture est correctement attachée.

La mise en place de logiciels adaptés augmente la sécurisation des chariots

En cas de sinistre, son informatique retrace le détail des événements lors d’un incident. Est-ce qu’il était en marche arrière ou avant ? A quelle vitesse roulait-il ? En charge ou à vide ? Était-il en phase d’accélération ? Ses roues étaient-elles droites ou obliques ?

Équipé d’un boîtier communicant, un chariot peut envoyer toutes ses données d’utilisation. Des plans de progrès détaillés peuvent ainsi être élaborés et s’intégrer dans les flux d’exploitation.

En définitive, les transporteurs en quête de diversification ne seront pas trop dépaysés. L’optimisation logistique ressemble trait pour trait à celle d’une flotte, mais en circuit fermé.

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